Un robot veut occuper mon emploi

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Les prophètes de malheur sont toujours à l’affut du moindre malheur. Affirmation tautologique s’il en est, il y aura toujours un quelconque gourou, économiste, devin, spécialiste, expert ou je ne sais quoi d’autre, qui saura exactement ce qu’il faut dire sur une chaîne d’information en continu ou dans un grand média de masse. Et ce qui se dit majoritairement dans les médias d’information à propos de l’intelligence artificielle et de l’emploi, c’est que plusieurs emplois, dans différents secteurs économiques sont déjà à risque.

Selon tous ces spécialistes et experts qui hantent les médias, nous serions tous, sans le savoir, en train de paver la voie, en décortiquant tout ce que nous faisons, à tous ces automates intelligents qui détiendront des emplois aujourd’hui occupés par des êtres humains. Et la formule pour nous convaincre est assassine : c’est le passage de l’automate qui augmente la productivité d’un travailleur à celui d’un automate qui devient un travailleur reconnu comme tel.

Cette façon d’entrevoir le futur n’est pas innocente. Les médias d’information en font leurs choux gras. Les marchands de désespoir y trouvent leur compte. Les éditeurs salivent à publier tout et n’importe quoi à propos de l’intelligence artificielle. Les chercheurs, développeurs et concepteurs d’algorithmes d’intelligence artificielle, trop heureux de bénéficier de fonds de recherche substantiels, tirent dans toutes les directions et viennent affirmer que la science et la technologie sont neutres, et que c’est ce qu’on en fait qui est questionnable ; se dédouaner pour obtenir encore plus de fonds de recherche. Les géants de la Silicon Valley sont au septième ciel, car après plus de 20 ans de recherches universitaires en intelligence artificielle financées par des fonds publics, ils récoltent les fruits de la recherche pour leur propre profit.

ISBN 978-2-923545-58-5