Écologisme, le mécanisme de prédiction

 Du succès de l’écologisme 

Écologisme, le mécanisme de prédiction

L’un des principaux facteurs de succès d’un technomythe tient par sa capacité à prédire de nombreux événements observables et quantifiables : dans un contexte X, si des mesures Y sont appliquées, des résultats attendus Z seront observables.

Par exemple, du moment où les chercheurs en écologie, au cours des années 1970, ont commencé à parler de réchauffement climatique, et que l’on a vu les grands glaciers fondre petit à petit (contexte X), il a été suggéré de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de ralentir cette fonte (mesures applicables Y), sans quoi, les grands glaciers continueraient à fondre (résultats attendus Z). Et c’est bien ce que l’on constate aujourd’hui, certains grands glaciers fondent.

Autre exemple, du moment que le CO2 a été désigné comme l’un des grands responsables du réchauffement climatique (contexte X), il a été suggéré que le CO2 agissait à la manière d’une serre de verre qui trappe la chaleur (mesures appliquées Y), provoquant ainsi un réchauffement de la serre (résultats attendus Z). Donc l’analogie est simple : si, dans une serre, on injecte du CO2, et que celui-ci est réchauffé par le soleil dans ce milieu fermé sur lui-même (les molécules de CO2 seront excitées), la température ira inévitablement en augmentant. De là, on transpose l’analogie de l’effet de serre à une planète conçue comme une serre, tout en omettant de préciser que l’atmosphère terrestre est grande ouverte sur le froid glacial de l’espace.

Autre exemple fort intéressant, au milieu des années 1980, avec l’arrivée d’ordinateurs disposant d’une grande puissance de calcul jusque-là inégalée, est apparue dans son sillage la modélisation informatique du climat. De là, s’en est suivie une cascade prédictive hors du commun.

Étant donné que les ordinateurs sont la démonstration même du fait que dans un logiciel X, si des instructions informatiques Y sont rigoureusement programmés, des résultats hautement prévisibles Z seront inévitablement observables, il a été convenu que si on fournissait à un logiciel des données climatiques X, et que si on les traitait avec des algorithmes Y à la fine pointe de la science du climat, que les résultats ne pourraient que montrer l’évolution Z future du climat.

Par la suite, plus la puissance de calcul des ordinateurs a augmenté avec le temps, c’est-à-dire en mesure de traiter un nombre de variables toujours plus grand dans un laps de temps toujours plus court, une autre logique prédictive s’est mise en place : s’il est possible de fournir à un logiciel X toujours plus de variables climatiques, et si des algorithmes Y sont rigoureusement programmés et traitent plus rapidement de plus en plus d’informations, des résultats hautement prévisibles Z seront inévitablement observables et beaucoup plus précis.

Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle dans le champ des données climatiques, s’il est possible de fournir à un système d’intelligence artificielle X des données massives à propos du climat, et comme la grande qualité d’un logiciel Y d’intelligence artificielle est d’arriver à identifier des schémas qui seraient autrement inaccessibles à l’investigation humaine, des résultats hautement prévisibles Z seront inévitablement observables, beaucoup plus précis et d’une grande fiabilité.

En fait, ce que la modélisation informatique du climat nous dit à propos de l’évolution future du climat, c’est la confirmation que le réchauffement climatique modélisé est inévitable. Même si une modélisation informatique du climat nous dit si peu ou à peu près rien à propos de la réalité climatique, elle nous en dit toutefois beaucoup à propos du futur de l’évolution d’un climat modélisé.

À eux seuls, ces trois exemples montrent à quel point un technomythe est hautement prédictif. Faut-il ici rappeler que tout ce qui peut être prédit avec acuité par une démonstration scientifique est extrêmement porteur, symboliquement parlant. Cependant, ce ne sont pas toutes les prédictions scientifiques qui disposent de cette capacité.

Par exemple, depuis un siècle, malgré toutes les données probantes portant sur les bénéfices, en termes de santé publique, de la vaccination (les campagnes anti-vaccination ont gagné du terrain), ce discours scientifique n’a pas eu le succès de celui des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique, et il y a à cela des raisons majeures.

Autrement dit, ce n’est pas parce que la science, avec ses données corroborées, avérées et vérifiées, arrive à faire la démonstration que dans un contexte X, si des mesures Y sont appliquées, des résultats attendus Z seront observables, que cette démonstration sera pour autant acceptée d’emblée par la société dans son ensemble.

Cependant, ce que les trois exemples précédents ont en commun, c’est leur caractère hautement prédictif, d’où la grande séduction qui en découle et qui exerce sur chacun d’entre nous un effet mobilisateur : ils fonctionnent et répondent selon les critères prévus et attendus.

© Pierre Fraser (Ph. D »), sociologue, 2019

Du succès de l’écologisme

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.