L’empilement de couches technologiques

  La complexité technologique 

L’empilement de couches technologiques

L’empilement de couches technologiques renvoie à l’ensemble des techniques et des protocoles de communication qui permettent de lier entre elles toutes les technologies existantes, peu importe le type de technologie.

Les systèmes technologiques ont cette particularité d’être composés d’un ensemble de modules qui communiquent entre eux. Par exemple, un ordinateur, qui est en soi un système[1], comporte plusieurs modules ― microprocesseur, mémoire, disque rigide, carte graphique, ports d’entrée-sortie ―, qui échangent entre eux des données afin d’assurer la cohésion du système. Si on monte à un niveau plus élevé, une ferme de serveurs (datacenter) similaire à celle qu’utilise les entreprises de la Silicon Valley, est composée d’une grande quantité d’ordinateurs tous liés entre eux ; chaque ordinateur devient ainsi un module d’un vaste système informatique. Si on monte encore à un autre niveau, des entreprises comme Amazon, Apple, Facebook, Google et Microsoft utilisent plusieurs fermes de serveurs où chaque ferme de serveurs devient un module de leur infrastructure informatique globale. Tous ces modules communiquent entre eux à partir de protocoles informatiques de communication.

Autre exemple, chaque requête envoyée au moteur de recherche Google est découpée en paquets, chaque paquet transite par la suite par différents chemins afin d’optimiser la vitesse de transmission, et tous les paquets arrivent finalement chez les serveurs de Google où ils sont réassemblés pour former une requête complète.

Ce protocole, utilisé aussi bien par chacun d’entre nous que Google, le TCP/IP (Transfer Control Protocol/Internet Protocol), représente systématiquement l’épine dorsale d’Internet. Il s’agit là d’un système à la fois d’une grande efficacité et d’une grande élégance composés de cinq strates :

  • la première strate, ou strate physique, fait appel à des techniques de codage du signal permettant de transmettre des informations sur les réseaux physiques (fils de cuivre, fibre optique, ondes hertziennes, etc.) ;
  • la seconde strate, ou strate de liaison, effectue, comme son nom l’indique, la transmission de l’information entre différents composants à travers différents types de protocoles : Ethernet, Token Ring, Wi-Fi, BlueTooth, etc. ;
  • la troisième strate, celle des adresses IP, ou strate réseau, sert à identifier la localisation des objets connectés au réseau ;
  • la quatrième strate, ou strate de transport (routage), permet de rediriger adéquatement au bon destinataire (adresse IP) tous les paquets circulant sur le réseau ;
  • la cinquième strate, ou strate de session, permet d’établir une session de communication entre deux parties qui veulent échanger des données. La sixième strate, ou strate de présentation correspond au type de codage de l’information qui sera éventuellement affichée dans un navigateur ou une application (HTML). La septième strate, ou strate d’application, permet le transit des données sur le réseau tout en utilisant les protocoles de la strate de transport. Le plus connu de ces protocoles, le HTTP (HyperText Transfer Protocol), inventé par Tim Berners-Lee au CERN en 1989, permet de transférer des données hypertextes. D’autres protocoles, comme le FTP et le SMTP permettent de transférer respectivement des fichiers et des courriels.

Comme le lecteur peut le constater, il s’agit là de couches successives de protocoles de communication qui permettent à l’ensemble du système de transmettre de l’information. Et il est là le mot-clé, la transmission d’informations, et cette transmission d’informations doit être la plus fluide possible afin de faire en sorte que tous les composants puissent interagir.

Comme nous l’avons vu dans les articles précédents, étant donné que la grande propriété du système technicien est de tout englober et de tout absorber, il est impératif que soient liées entre elles toutes les technologies éventuellement absorbables.

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue, 2018

La complexité technologique

[1] Système au sens de Ludwig von Berthalanffy, c’est-à-dire un ensemble d’éléments intégrés les uns aux autres et réagissant les uns sur les autres, où chaque élément du système ne se comprend que par rapport à l’ensemble. Toute variation de l’ensemble entraîne des conséquences sur les parties intégrées et, réciproquement, tout changement dans les éléments réagit sur l’ensemble.

 

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