Intelligence artificielle versus intelligence humaine

  Intelligence artificielle 

Intelligence artificielle versus intelligence humaine

Notre cerveau est la preuve vivante qu’un assemblage comportant des milliards de petites unités indépendantes de traitement de l’information interconnectées est en mesure de produire une intelligence de niveau humain.

Si la nature est parvenue à le faire, il n’y aurait donc aucune raison de penser que nous ne puissions pas le faire. En ce qui concerne le nombre de neurones dont il faudrait disposer pour arriver à une intelligence artificielle générale de niveau humain, il est plausible d’envisager qu’il soit possible d’y parvenir en utilisant les techniques combinées de la biologie synthétique et des nanotechnologies. Toutefois, une chose est certaine, pour arriver à un tel niveau de concentration de neurones artificiels, certaines limites technologiques devront être franchies et des percées majeures, tant en recherche fondamentale qu’en recherche appliquée, devront être effectuées.

Cela étant précisé, il faut prendre en considération une autre réalité, à savoir qu’il est possible de simuler et d’émuler le cerveau humain sans pour autant passer par la cartographie totale de celui-ci. Comme nous l’avons préalablement souligné, si nous étions en mesure de disposer de la cartographie du circuit neuronal du cerveau d’une souris de laboratoire, nous serions déjà dans une situation plus qu’intéressante pour parvenir au résultat recherché.

Par exemple, en observant, dans une condition expérimentale donnée, à partir de paramètres d’entrée précis, le comportement du cerveau numérisé de la souris, et en répétant cette expérience tout en modifiant légèrement, chaque fois, les paramètres d’entrée, il serait ainsi possible de procéder à de l’ingénierie inversée et d’arriver à produire, en fin de compte, un modèle mathématique relativement fiable qui permettrait, par la suite, de faire des avancées significatives pour développer un cerveau artificiel de niveau humain.

 

Cette étape, bien qu’intéressante, serait-elle pour autant suffisante pour servir de base à la conception d’un cerveau artificiel de niveau humain ? Peut-être bien que non, parce que l’évolution n’a pas doté la souris de la fonction du langage. Conséquemment, il serait impossible de simuler la fonction langagière à partir de ce modèle puisqu’elle serait tout à fait absente de la cartographie du cerveau de la souris ainsi obtenu.

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Si tel est réellement le cas, il serait tout à fait insuffisant de disposer d’une cartographie du cerveau d’une souris, car il manquerait un élément essentiel. Et en cette matière, les chercheurs en neurosciences, en sciences cognitives et en linguistique ont encore beaucoup de travail à faire pour comprendre les fondements neuronaux du langage.

Il se pourrait bien que, d’ici à ce que les ingénieurs puissent arriver à produire une véritable simulation et émulation du cerveau d’une souris, les chercheurs en neurosciences soient, pour leur part, parvenus à élaborer un système artificiel de production du langage. Peut-être même que les ingénieurs et chercheurs en neurosciences pourront-ils coupler leurs systèmes de production langagière artificielle à la copie numérique du cerveau d’une souris. Dans ce domaine, où les contraintes biologiques n’existent pas, tout devient possible.

Malgré tout, et malgré toutes les contraintes envisageables, l’émulation du cerveau d’une souris offre un potentiel incroyable pour la recherche et le développement éventuel d’une intelligence artificielle de niveau humain. Il va sans dire que, si l’intelligence artificielle de niveau humain devient possible, il n’y aura qu’un pas à franchir, même s’il est important, pour élaborer une superintelligence artificielle entièrement consciente d’elle-même.

Et ce dont il faut également être conscient, c’est qu’une intelligence artificielle de niveau humain reposant sur un substrat électronique offrira beaucoup plus d’opportunités en termes de développement que celle d’un cerveau humain biologique.

Mais plus encore, si on se réfère à la Loi du retour accéléré où chaque incrémentation d’une technologie entraîne forcément l’accélération du développement de cette même technologie, il faut s’attendre à une explosion d’intelligences aux conséquences encore imprévisibles.

Autrement dit, une fois que nous aurons accompli non seulement la cartographie complète du cerveau d’une souris de laboratoire et que nous serons arrivés à la modéliser, à la simuler et à l’émuler, il ne sera plus possible de revenir en arrière et de faire entrer à nouveau dans sa bouteille le génie de l’intelligence artificielle.

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue, 2019

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