La gouvernance de soi et le contrôle du corps

L’aventure du corpsLe corps idéalLa quête du corps parfait


La gouvernance de soi renvoie à la capacité d’un individu à contenir son corps et à établir un juste rapport à la collectivité et au monde en général.

Cette saine gouvernance de soi n’est rendue possible qu’à la condition expresse de mettre en pratique de façon efficace les quatre devoirs imposés par la contenance de soi, c’est-à-dire que la pratique de ces devoirs forme un ensemble de contrôles positifs qui permettent la gouvernance de soi.

La contenance de soi est indubitablement au cœur même de l’exercice de la gouvernance de soi. Elle a tout à voir avec le lien social, au moi en compagnie, à l’individu en société, au lien avec l’autre : elle est cette capacité au self-control. Autrement dit, une fois les quatre devoirs de contenance de soi correctement accomplis, qui permettent d’établir un juste rapport à soi-même et à son propre corps, il est dès lors possible d’établir une relation équilibrée au collectif et au monde en général.

Trois événements, au XVIIe siècle, contribueront à la mise en pratique des devoirs imposés par la contenance de soi : (i) les traités de civilités qui engagent le corps dans une pratique de modération et de retenue ; (ii) le passage du statut d’être un corps à celui d’avoir un corps dont l’individu est individuellement et socialement responsable — un corps devenu porteur d’identités sociales, un corps devenu vecteur d’épanouissement.

Par exemple, les débordements adipeux de l’obèse seraient la preuve d’un défaut de contenance de soi : ils se lisent dans son physique, dénotent quelque chose de non maîtrisé et d’ingouvernable, qui menacent son corps à la fois de l’intérieur et de l’extérieur.

De l’intérieur, parce que son métabolisme, devenu ingouvernable par son attitude elle-même non gouvernée, semble sans cesse produire de la masse adipeuse. De l’extérieur, parce qu’il ne sait résister ou établir le juste équilibre entre toutes les tentations qui lui sont proposées.

Dans un tel contexte, le corps n’est pas un vecteur d’épanouissement, car l’épanouissement passe forcément par la contenance de soi.

© Pierre Fraser (Ph.D.), sociologue, 2020 / texte

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