Du néolibéralisme au technolibéralisme

Le néolibéralisme se gausse de libérer les individus et de leur permettre d’agir à leur guise. Et pourtant… Et pourtant, l’idée structurante du néolibéralisme s’articule essentiellement autour d’une façon de vivre entièrement guidée par l’intérêt et le calcul économique, un fragile équilibre à trouver entre consommation et discipline personnelle. C’est une technique de gouvernement de soi, comme l’aurait dit ailleurs Michel Foucault. Le néolibéralisme fabrique l’Homo economicus.

Le technolibéralisme se gausse de libérer les individus et de leur permettre d’agir à leur guise par technologies numériques interposées. Et pourtant… Et pourtant, l’idée structurante du technolibéralisme s’articule essentiellement autour d’une façon de vivre entièrement guidée par l’intérêt personnel, la reconnaissance de soi, la sculpture de soi, la quantification de soi et le calcul économique, un fragile équilibre à trouver entre soi et soi. C’est une technique de gouvernement de soi, comme l’aurait dit ailleurs Michel Foucault. Le technolibéralisme fabrique l’Homo numericus.

Les technologies numériques et l’intelligence artificielle n’ont pas proprement à voir avec le bonheur de l’humanité, vertu dont elles se parent parfois après rationalisation et campagnes de marketing, mais tout à voir avec un rapport d’efficacité et de puissance entre l’individu et l’objet technologique. L’objet technologique est un prolongement des imaginaires, des gestes et des corps des utilisateurs. La technologie augmente la puissance de l’individu et tout ce qui peut augmenter sa puissance est bienvenu. En ce sens, c’est ce à quoi a servi le capitalisme, à augmenter la puissance. Tout n’est question que de puissance, et les technologies numériques et l’intelligence artificielle expriment l’ouverture d’une perspective sur le monde qui implique un certain nombre de croyances pratiques, dont la capacité d’intervenir sur ce même monde par technologies interposées, histoire de le rendre meilleur… C’est le côté moral de la technologie, sa mission en quelque sorte, le déguisement pour se faire accepter, pour paraître vertueuse.

Le travail de transformation culturelle, qui va de pair avec l’accroissement de technologies dédiées à l’accroissement de l’individu, est rendu très efficace par le modèle technolibéral qui donne à tout un chacun une morale prétendument universelle et l’impose par le poids d’une autorité quasi sacrée, celle de l’élite des entreprises de la Silicon Valley, celle qui exprime efficacement en ce moment même la notion même de volonté de puissance.


La mise en réseau de l’individu

Électronique : CA_|_FR_|_UK_|_US
Format livre : CA_|_FR_|_UK_|_US

Dans une société calquée sur le réseau numérique, l’individu n’est qu’un nœud du réseau auquel on peut se connecter à volonté ou duquel on peut se déconnecter à volonté. Les relations avec autrui s’entrelacent dans une suite ininterrompue de connexions et de déconnexions aléatoires ou prédéterminées, choisies ou subies. 


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